La Madeleine est une salle de concert située rue Duquesnoy à Bruxelles.
| Lieu |
Rue Duquesnoy 14 Bruxelles, |
|---|---|
| Coordonnées | 50° 50′ 42″ nord, 4° 21′ 16″ est |
| Capacité |
740 places assises 1 500 places (configuration debout) |
| Site web | https://www.la-madeleine.be/ |
Historique
modifierMarché couvert
modifierLa Madeleine est un exemple de façadisme : seule la façade néo-renaissance des halles couvertes de Jean-Pierre Cluysenaar de 1847 à 1848 a été conservée (vaguement inspirée de la Loggia dei Lanzi). Cluysenaar avait déjà conçu les galeries Saint-Hubert voisines et avait donc une expérience dans le domaine du verre et du métal.
Après le déménagement de l'ancien hôpital Saint-Jean au boulevard du Jardin Botanique, l'hôpital déclare, en mois de avril 1843 de vouloir vendre ses anciennes possessions à la place Saint Jean. La ville lance un appel à idées sur ce qu'on pourrait faire avec les terrains libérés. Finalement, la ville trouve le prix que les hospices demandent pour leurs terrains trop élevé et se limite à tracer les nouvelles rues Saint-Jean et Duquesnoy, suivant un plan simplifié de Partoes (arrêté royale du 3 février 1846). Pour le reste des terrains, les hospices doivent chercher des acquéreurs privés[1].
C'est Pierre Louis Antoine Bortier (nl), un riche rentier qui avait hérité, entre-autres, en 1830, un terrain voisin, l' Hôtel des Grandes Messageries. I saisi l'occasion, et achète, le 28 mai 1846, une bonne partie du nouveau îlot derrière le complexe qu'il y possède déjà, sur une autre partie de l'îlot il prend une option d'achat[2],[3]. Le 9 janvier 1847, le conseil communal discute la proposition que Bortier fait à la ville : d'y édifier le marché de la Madeleine, une halle couverte destinée aux commerces d'étalage et de colportage, ayant son entrée principale dans la rue Duquesnoy[3].
Il s'agit d'une opération qu'on appellerait aujourd'hui un partenariat public-privé. La ville veut dégager la rue Marché aux Herbes du marché. Elle n'a pas d'autre terrain assez vaste que celui de Bortier à sa disposition dans le quartier. Et elle n'a pas les moyens de financer toute seule une halle de marché. La ville va donc racheter à Bortier 1 100 m2 des terrains de l'ancien hôpital Saint Jean, et 1 400 m2 de l'ancienne Messagerie. Ensemble, ces terrains permettent la construction d'un marché couvert. En plus, Bortier fait un prêt à la ville, pour la plus grande partie des coûts de construction. La ville rembourse le prêt et l'achat des terrains en vingt annuités, devient donc seulement complètement propriétaire en 1867. Après avoir continué les discussions le 6 février, et avoir obtenu des précisions et concessions le conseil communal autorise l'opération, le 13 février[3].
Bortier et Cluysenaar prevoient un passage de liaison entre la rue Saint-Jean et la rue de la Madeleine, connu sous le nom de Galerie Bortier, dont la moitié nord n'est vendu à la ville qu'en 1972[4]. Le marché de la Madeleine a une superficie d'environ 60 mètres sur 40 et comportait entre la grande salle, un souterrain et une mezzanine. Les ventes quotidiennes de légumes de la rue du Marché aux Herbes voisin pourraient ainsi être confortablement reprises. Outre l'entrée principale de la rue Duquesnoy, deux autres entrées sont assurées par la galerie Bortier derriére la mezzanine. Il y a eu une brève agitation à propos d'un dépassement de budget assez important, mais les ouvriers du bâtiment ont trouvé un trésor d'argent sur le chantier, ce qui a calmé les choses[5].
Salle de concert
modifierDans les années 1930, le marché de la Madeleine était utilisé comme salle des fêtes et pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands l'ont transformé en bureau de poste. La ville de Bruxelles décide en 1957 de démolir le bâtiment et de construire une toute nouvelle salle de banquet tout en conservant la façade. Les architectes M. et P. Mignot furent responsables des plans. Le bal des fonctionnaires y fut organisé pendant des années. Après un court épisode en tant que casino (2006 à 2015), le bal a expiré et la ville en a confié la gestion à son asbl Brussels Expo. Une rénovation d'un million d'euros a suivi. En 2020, le loyer a été réduit de 300 000 à 120 000 euros par an[6]. Selon l'opposition, le loyer a été aligné sur ce que le casino payait auparavant, mais la salle est bien trop peu utilisée pour pouvoir payer ce montant.
Parmi les artistes qui se sont produits à La Madeleine, le groupe congolais légendaire Zaïko Langa Langa se distingue comme l'un des plus fréquents. Ils s'y produisent en octobre 1986[7], 1987, deux fois en 1992[8], 1995, 1997, 2002, 2003 et deux fois en 2024.
Description
modifierLa salle modulable offre 740 places assises ou 1 500 places debout[9].
Liste des références
modifier- ↑ (nl) Edwin Smellinckx, Urbanisme in Brussel, 1830-1860, hoofdstuk 3 (mémoire de licence Histoire), KUL, 2000-2001 (lire en ligne)
- ↑ Marie-France Willaumez, Les passages-galéries du XIXe siècle à Bruxelles, Bruxelles, Ministère de la Communauté Française, 1983, p. 49
- Ville de Bruxelles, Bulletin des Séances du Conseil Communal, t. 1, 1847 (lire en ligne [PDF])
- ↑ (fr-BE) « La Bibliothèque Galerie Bortier | La Galerie Bortier », 1er septembre 2024 (consulté le 28 février 2026)
- ↑ « Urbanisme in Brussel, 1830-1860. (Edwin Smellinckx) », sur www.ethesis.net (consulté le 30 mai 2024)
- ↑ Stad halveert plots huur van Magdalenazaal: MR spreekt van 'burgerbedrog', BRUZZ, 22 september 2020. Gearchiveerd op 29 juni 2022.
- ↑ (nl) « Januari 1987 », Afrika, Maandblad voor Afrikaanse cultuur, vol. 2, no 1, janvier 1987, p. 5
- ↑ « Magdalenazaal / Salle de la Madeleine, Brussels, Belgium Concert Setlists | setlist.fm », sur www.setlist.fm (consulté le 4 juin 2024)
- ↑ Madeleine, « Informations Techniques | La Madeleine » [archive du 21 novembre 2022], www.la-madeleine.be (consulté le 21 novembre 2022)
